Larmoiement de l’adulte

Le larmoiement de l’adulte

Le larmoiement est un symptôme fréquent qui peut s’avérer être également très invalidant. Cette affection est bénigne dans la grande majorité des cas et les causes possibles sont nombreuses et variées.

Il est donc important de bien identifier la cause sous-jacente afin traiter ce larmoiement de façon appropriée.

Le larmoiement de l’adulte

La glande lacrymale, située au niveau de la partie supéro-externe de l’orbite, produit les larmes qui vont lubrifier et protéger les yeux.

Ces larmes vont ensuite cheminer le long des paupières et sont évacuées par les méats inférieur et supérieur. Elles vont ensuite cheminer dans les canalicules puis dans le sac lacrymal avant de rejoindre la fosse nasale.

Un blocage lors du passage de l’os nasal (canal lacrymo-nasal) est la cause la plus fréquente d’obstruction des voies lacrymales excrétrices.

Il est cependant fréquent d’observer un larmoiement avec des voies lacrymales excrétrices néanmoins perméables.

  • une anomalie de la position des paupières inférieures (entropion, ectropion) entraînera une mauvaise transmission des larmes au niveau des points lacrymaux. Un traitement adapté de cette malposition est alors nécessaire
  • une irritation oculaire (par un corps étranger, des cils frottantsune blépharite ) entraînera un excès de fabrication de larmes.

C’est entre autre pour cette raison que les personnes présentant un syndrome sec peuvent paradoxalement présenter un larmoiement.

En effet, des glandes situées dans l’épaisseur de la paupière (glandes de Meibomius) sécrètent des lipides qui vont se mélanger aux  larmes pour les rendre stables et retarder l’évaporation entre deux clignements.

En cas d’anomalie de sécrétion de ces glandes (blépharite) les larmes sont plus labiles et l’œil, moins bien protégé, en est irrité. Il en découle la production d’un volume excessif de larmes « peu efficaces » et responsable d’un larmoiement.

Un traitement lubrifiant avec des larmes artificielles et des pommades ophtalmiques associé à de soins de paupières, permet en général d’améliorer les symptômes.

larmoiement3-300x167

Larmoiement à voie lacrymale excrétrice non perméable.

Un geste chirurgical de type dacryocystorhinostomie (ou DCR)  peut alors s’avérer nécessaire.

Cette intervention est réalisée par voie externe (petite incision sur le plat du nez) ou éventuellement par voie endonasale (à l’aide d’un endoscope) . Elle consiste à réaliser une mise en communication entre la muqueuse du sac lacrymal et celle de nez afin de recréer un passage pour les larmes.

Un tube en silicone est en général mis en place pour éviter une cicatrisation trop précoce. Il est retiré en consultation 6 à 8 semaines plus tard.

Une anesthésie générale lors d’une courte hospitalisation de 24 heures est préférée pour ce geste.


larmoiement-1

Il existe un risque de saignement du nez peu important la première semaine. Ce risque peut être majoré par un mouchage trop intense et l’on recommande donc de ne pas se moucher de la narine opérée pendant 3 semaines.

Très rarement, un saignement abondant peut exister, pouvant conduire dans certains cas, exceptionnels, à un mèchage à visée hémostatique.

La lacorhinostomie

Dans certains, très rares, la partie horizontale de la voie lacrymale excrétrice (les canalicules lacrymaux) peut être sténosée (oblitérée) et non récupérable, sur le plan fonctionnel, par un acte opératoire. Il est alors possible de positionner chirurgicalement une prothèse (en silicone ou en verre) entre l’angle interne de l’œil et le canal lacrymo-nasal à son entrée derrière la narine. Cette intervention s’appelle une lacorhinostomie.